La semaine dernière, le Monde a publié un article (« Nems et kebabs persona non grata en Italie? » ) qui nous a particulièrement fait réagir dans l’équipe de Super Marmite. Je vous la résume pour la faire courte:

En Toscane, depuis maintenant cinq ans, la plupart des Mairies s’opposent systématiquement à l’ouverture dans leurs centre-villes de Kebabs et autres restaurants Chinois – sauvegarde du patrimoine gastronomique local oblige:

(…) « La première initiative du genre s’est produite en 2007 à Pistoia, en Toscane. La dernière en date à Cittadella, une commune proche de Padoue, en Vénétie. « Encore une manifestation de la Ligue du Nord » , ont conclu les sympathisants de gauche. Mais il est tout autant impossible de trouver un kebab dans le centre de Forte dei Marmi, en Toscane, commune dirigée par un élu du centre gauche… qui explique sa décision par sa « volonté de protéger la spécificité du lieu » .

Or, il faut avouer qu’il y a un peu là matière à polémiques. Si on est tous d’accord pour reconnaître que la gastronomie fait partie du patrimoine culturel (ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’on a bataillé pour faire inscrire la nôtre au Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO^^), il ne faut pas oublier non plus qu’elle a toujours joué un rôle de passerelle culturelle: la tomate, si emblématique des plats italiens, leur a bien été ramenée par les Espagnols, qui venaient eux-mêmes de la découvrir…en Amérique du Sud -  alors à quoi bon faire la chasse aux nêms?

L’argument de la protection de « la spécificité des lieux » peut, ceci dit, être défendable. Faire en sorte de ne plus avoir l’impression de débarquer à Disneyland lorsqu’on visite la première fois une ville, un peu comme Paris et son Quartier Latin qui n’est aujourd’hui pas plus latin que ses restos sont grecs, ou bien sa Place Pigalle qui compte (sans mentir) autant de touristes que de vendeurs de…panini.

Comme quoi, nul n’est prophète en son pays: et, comme le souligne si bien Carlo Petrini, pape du Slow-Food: « si les Américains, les Australiens et les Argentins avaient agi de même avec les Italiens émigrés, la renommée de la pizza n’aurait pas dépassé les faubourgs de Naples » . Reste maintenant à savoir si ces municipalités, au lieu d’imposer aux restaurants de cuisinier « italien » , leur avaient demandé d’élaborer leurs plats à base de produits 100% locaux, ça n’aurait pas eu une portée plus…symbolique  ; )

Et vous, ça vous inspire quoi?

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