Les retombées de Fukushima n’ont malheureusement pas fini de faire parler d’elles. Il y a à peine une semaine encore, on apprenait qu’un cheptel de vaches des environs, malencontreusement alimentées de pailles de riz laissées à l’air libre après l’explosion du 3ème réacteur (pourtant formellement interdites par arrêté préfectural) avaient été servies comme repas dans le grand Tokyo – blindées d’un taux de celsium hors du commun.Or, au-delà de ce qu’on peut retirer d’une telle annonce sur les conséquences sanitaires pour la population locale, il y un intérêt qu’on ne peut aujourd’hui plus dénier: celui du rôle qu’endossent, en ce moment-même, les media dans la gestion de cette catastrophe.

Car après tout, Tchernobyl, et la médiatisation fantasque qu’il en avait été faite à l’époque, ne sont pas si obsolètes que ça: quand on pense à nos pauvres parents qui ont bu comme du petit lait bien dilué la version officielle martelant que le nuage radioactif s’arrêterait pile à nos frontières grâce à Météo France (voir la petite perle de JT version 1986 qu’on vous a dégotée ci-dessous), ça laisse comme un petit sentiment de gêne.

Vingt-cinq ans plus tard, les choses ont l’air d’avoir bien changé. Les dépêches japonaises s’affichent en temps réel sur nos ordis, calées gentiment entre le divorce de Jennifer Lopez et les exploits aquatiques de Laure Manaudou, et on se dit alors que, décidement, on est vraiment au courant de tout. Sauf que, pour l’anecdote, le fameux éleveur responsable de l’intoxication des Tokyoites a avoué tout ignorer des mesures drastiques prises à l’encontre de l’alimentation du bétail.

Comme quoi,  entre questions de santé publique et de sécurité nationale, il faut croire que la balance a une fâcheuse tendance à pencher toujours du même côté…

Source: www.asahi.com

Crédit Photo: www.seattlepi.com

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